Une réponse efficace au harcèlement dans les lieux de pouvoir

Publié le par BOYER Elisabeth

Une idée qui pourrait être une nouvelle façon de traiter le harcèlement sexuel et moral qui touche tous les milieux de pouvoir : cinéma, politique, etc.

Le problème principal pour la victime est d’apporter la preuve du harcèlement dès lors que les actes se produisent à 90% sans témoin. Comme on le voit aujourd’hui dans les scandales qui font l’actualité, l’accusé oppose aux accusations de la victime une plainte pour diffamation, ce qui inverse irrémédiablement le rapport de force et place la victime dans la situation humiliante d’apporter la charge de la preuve ; on connaît la suite : procès à rallonge, non-lieu, etc.

Les faits de violence ou d’atteinte à la dignité de la personne, à l’égard des femmes, personnes fragiles et minorités, progressent dans les grandes agglomérations du fait de la perte du civisme et d’une mauvaise compréhension du relativisme culturel.

 

Il faut une réponse institutionnelle : créer sur le modèle de la BEFTI, une Brigade spécialisée, dédiée au harcèlement sexuel et moral.

 

Rappel : ce que fait la BEFTI

La BEFTI est un service de police judiciaire spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité, créée en février 1994 pour traiter le nombre croissant de plaintes pour des faits délictueux commis sur Internet. Compétente sur le ressort de Paris et de la petite couronne, composée de 25 policiers, la BEFTI travaille sous l’autorité des Procureurs de la République et des juges d’instruction. Elle est composée de 3 groupes « Enquêtes », « Initiative », « Assistance » pour élucider les diverses infractions informatiques.

 

Comme la BEFTI, la Brigade d’enquête sur le harcèlement sexuel et moral recueillerait l’ensemble des plaintes et dénonciations de façon confidentielle. Comme les harceleurs ont rarement une seule victime, les policiers de la Brigade (agents expérimentés) seraient en capacité d’accumuler les plaintes visant la même personne. Il faudrait définir à quel niveau des plaintes, les policiers seraient autorisés à rendre visite au présumé harceleur à son domicile pour l’informer des plaintes à son encontre et des risques encourus en cas de récidive. Le principe pour libérer la parole des victimes et éviter l’emballement médiatique, est, dans un premier temps, l’action totalement confidentielle des policiers et la confidentialité des plaintes. La suite logique, si les plaintes continuent, est la mise en examen par un juge d’instruction, avec, pour la défense des victimes, l’accumulation des preuves dans les mains des policiers.

Je pense que la première visite de policiers de la Brigade d’enquête au domicile du harceleur sera efficace à le « calmer » si son cas n’est pas pathologique. Une sorte de premier avertissement avant poursuite. En outre, l’intérêt de cette procédure est que le dossier du harceleur est constitué solidement par les policiers, par l’accumulation des plaintes et témoignages des victimes, ce qui libère ces dernières de l’impossible charge de la preuve. Cette brigade aurait un large champ d’investigations : harcèlement sexuel, moral, maltraitances, bizutages dans l’espace public et au travail.

Cette idée est inspirée par la méthode choisie à chaque fois par l’Etat quand il veut efficacement juguler un phénomène de société : les Brigades spécialisées. La BEFTI est compétente sur la région parisienne. Sa duplication avec la création d’une Brigade d’enquête spécialisée sur le harcèlement sexuel et moral pour la région parisienne – et dans les autres régions - serait appréciée comme une réponse efficace des pouvoirs publics, elle rassurait les victimes et permettrait à la peur de changer de camp…

 

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